Djamila Beldjoudi-Calin

Photographe sélectionnée aux Nuits Photographiques de Pierrevert 2025

Djamila Beldjoudi-Calin est franco-algérienne, vit et travaille entre la France et l’Algérie. 
À douze ans, elle découvre la photographie dans le laboratoire de son quartier et réalise des tirages noir et blanc capturant l’urbain, les habitants, les femmes, les enfants, tels des acteurs d’une pièce de théâtre interprétant le rôle de leur vie. 
Après des études de photographie au CE3P, aux côtés de Peter Lindberg, Mario Testino et chez Vogue France, elle travaille pour Emap France : portrait, reportage et documentaire ont façonné sa vision artistique. Son approche mêle image, écriture et son, créant des tableaux immersifs qui perpétuent une forme de tradition orale. Elle qualifie son travail de protéiforme. Elle explore les thèmes du corps dans l’espace sociétal, la transmission, l’identité et la condition féminine… Son travail a été exposé dans plus d’une trentaine d’expositions, dont « Elle était une fois Tamachaôts » au festival Photaix en 2023 et « Co-Errance, une histoire de diagnostic » en 2022 présenté simultanément dans 24 villes françaises. En 2024, elle participe à Paris Photo avec le Réseau LUX #1 et expose au Centre Culturel d’Algérie en janvier 2025. Lauréate du prix national Femmes et Sport en 2000 pour « La Touche Féminine », elle est la première femme a exposé au Parc des Princes à Paris, elle réalise également Décorama, une résidence de 5 ans dans un quartier où elle reconstitue grandeur nature d’un appartement exposée en Essonne. Engagée dans la transmission, elle anime des ateliers de création photographique en milieu scolaire et organise des workshops inclusifs et intergénérationnels.

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Série : « Elle était une fois, Tamachaôts » ⵟⴰⵎⴰⵛⵡⵟⵙ ⴵⴰ. ⵎⵉⵍⴰ ⴱⴻⵍⴶⵡⴹⵉ-ⴽⴰⵍⵉⵏ ذات مرة كانت تاماشوت Her, once upon a time.

Elle était une fois Amélia, fille de Djamila, fille de Mébarka, fille de…Un dialogue entre mères et filles qui n’avaient pas d’album de famille. Elle était une fois Amélia 16 ans, ma fille génération Z, né à Paris et d’une maman née en France, d’origine Kabyle, que la question sur notre mémoire familiale s’est posée. Confrontée aux regards des autres et en recherche de son identité, Amélia m’a interrogée sur nos racines.Malgré mon attention à l’accompagner et à ouvrir son regard au monde, j’en avais oublié le mien. Tamachaôts, signifie « il était une fois » en kabyle, est mon premier chapitre visant à reconstituer, en images, une transmission fragmentée. Un conte visuel, mêlant réalité et fiction, sur l’exil de ma mère génération colonisation, la quête d’identité de ma fille et la mienne tel un trait d’union entre l’Algérie et la France.Celle d’une double nationalité, d’une culture hybride où la transmission devient une nécessité absolue. De tradition orale, ma mère m’a transmis la langue tamazight, ses traditions, sa vision du monde et ce quelque chose d’indicible qui ressurgit à chaque combat que je mène en tant que femme. Mais qu’en ai-je fait ? Que reste-t-il aujourd’hui à transmettre à Amélia?
Pas de photographies, peu d’objets, juste des souvenirs fragmentés. Tamachaôts est ma tentative de relier quatre générations de femmes de ma famille et de raviver une mémoire éclatée.Pour combler ce vide je me lance dans une (en)quête, je crée des images, je capture ce qui peut encore témoigner de notre passé, autant de pièces d’un puzzle que je reconstruis : je mets en scène ma fille dans le rituel du mariage kabyle avec ses sept robes, rituel qui m’a manqué le jour de mon mariage, je collecte des objets oubliés et retrouvés, des chants, des poésies et symboliquement je réunis trois générations dans une seule image. Recomposer une mémoire absente.Ma quête me ramène en Kabylie, à mes racines. D’abord, Erbéa, mon village d’enfance, neuf siècles d’histoire, témoin de vie de ma mère et de nos passages avec Amélia en Algérie.Puis, Tazla, le village inconnu où est née ma grand-mère Zohra que je n’ai pas connue. Yema n’y était pas retournée depuis 80 ans. Aucune image. Aucun objet. Seulement des mots, des souvenirs épars. Alors, je tente de lui redonner vie, en imaginant son portrait à partir des témoignages de ceux qui l’ont connue. À travers ce voyage, j’essaie de reconstruire une histoire commune et de tisser ce lien de transmission entre les femmes de ma famille.Mon récit oscille entre tendresse et tragédie, mettant des images et des mots sur les blessures de l’exil maternel, pour apaiser le passé. Comme une épopée qui aurait existé, celle des exilées qui ne le sont plus, des femmes qui osent enfin vivre leurs deux cultures. Ce récit est personnel, mais il touche à l’universel, parce que la filiation est une histoire collective. Les mots de ma mère me résonnent encore aujourd’hui : «N’oublie jamais d’où tu viens, cela t’aidera à bien appréhender l’avenir.»

Quelques photos de la série : « Elle était une fois, Tamachaôts » ⵟⴰⵎⴰⵛⵡⵟⵙ ⴵⴰ. ⵎⵉⵍⴰ ⴱⴻⵍⴶⵡⴹⵉ-ⴽⴰⵍⵉⵏ ذات مرة كانت تاماشوت Her, once upon a time.

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