Mara De Sario présente sa série photo « Louve » I NPP 2026
Biographie :
Photographe humaniste née à l’époque du désenchantement, c’est l’homme dans son rapport au monde qui m’interpelle. La nature et sa civilisation rurale et semi-rurale m’intéresse énormément. C’est dans ses lieux en transition que je trouve les plus beaux paradoxesJ’aime les lieux où les gens restent, les lieux où la vie prend son temps. Plutôt issue d’une éducation au reportage et à cette idée du cadrage parfait, je secoue mes habitudes en suivant des études artistiques et plasticiennes. J’aime le noir et blanc pour son anachronisme et sa force subjective. J’aime la couleur pour son rapport à la peinture. Et je n’aime pas choisir entre l’un ou l’autre. J’estime que chaque situation implique son propre choix, unique et subjectif. Le 20 août 2010, j’écris ceci : « Ce matin, j’ai photographié la brume, celle des montages, enivrante et lourde, celle qui fait se rejoindre Terre et Ciel. Je suis toute petite avec mes grosses bottines et mon parapluie bleu soleil. »Aimer les couleurs comme Harry Gruyaert. Voyager dans les paysages de Pentti Sammallahti. Observer les gens comme Izis. Sentir la force du noir et blanc comme Bill Brandt. Si la photographie est un document en soi, elle n’est dotée de valeur documentaire que selon les circonstances. Entre le réel et l’image existe mille histoires, c’est là que je vais poser mon regard.La photographie comme image. Le tirage comme objet. Arrêter les choses plutôt que de les laisser filer, défiler.On ne connait les gens qu’à travers leur regard. Le mien est bienveillant et tendre, parfois pinçant, je le voudrais incisif.
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Titre de la série :
Louve
La figure de la louve est ambivalente, tantôt protectrice, maternelle, tantôt dévorante et passionnelle. C’est en lisant la définition de la louve et toute son ambiguïté que le titre de cette série m’a sauté à la gueule. Je sentais un lien entre ces images en moi, flottantes, intuitives, puis j’ai lu ceci : « La louve revêt toujours un symbolisme ambivalent. D’un côté, positif et plausible, et de l’autre violent et effrayant. Dans son aspect positif, la louve se présente comme la figure de la mère nourricière et protectrice, dans son aspect négatif, elle est symbole de débauche, de passion amoureuse, de désir sensuel, de rapacité et de voracité. »Louve est devenue une ode à la fille devenue femme devenue mère, une histoire de cicatrices, de réparation.J’y évoque un amour profond pour la terre et la vie. Une ode au lien maternel, à la transformation et aux chimères. Louve présente l’imaginaire de l’enfance dans un jardin, souvent secret, l’imaginaire d’une mère débordante d’amour, de peurs, d’émotions aussi fuyantes que brutales et quelques moments suspendus.C’est une série lente en construction (près de 20 ans d’images glanées les jours d’instincts), presque picturale, faite de test d’appareils photos, de lentes balades et de films périmés, de photos volées. Tout n’est pas argentique. Qu’importe l’appareil tant qu’il est avec soi. Je la vois de 2 manières, celle proposées par le film, épileptique et brutal et celle posée de l’exposition pour le plaisir de la contemplation et du beaux tirages (je suis laborantine). Louve est acidulé comme un yaourt et aiguisé comme des crocs.





