Léa Guyodo présente sa série photo « Zîlan et les bouchers » I NPP 2026
Biographie :
Léa Guyodo (née en 2000 à Manosque), vit et travaille entre Marseille et Bruxelles. Elle est diplômée d’un BTS audiovisuel; Roubaix ainsi que d’un Bachelor en photographie documentaire de l’ESA 75; Bruxelles en 2025. Elle pratique principalement la photographie et l’édition. Elle a présenté ses œuvres au sein d’expositions dans des lieux comme La Vallée et Les Halles Saint-Géry; Bruxelles ou lors de projections telles que durant les rencontres de l’image et de l’environnement à Zone i; Thoré-la-Rochette. Son travail a notamment obtenu le prix Roger de Conynck (fondation Roi Baudouin) et est sélectionné pour l’ELIA emerging showcase 2025. Sa pratique s’inscrit dans une approche documentaire nourrie par le travail de terrain, où la photographie devient notamment un outil d’enquête. Elle s’intéresse à la notion de « spatialisation du pouvoir » et aux contextes qui la révèlent, qu’il s’agisse de lieux dits « naturels » ou « transformés », des vallées historiques kurdes au littoral méditerranéen, aux grands ensembles urbains et agricoles. Les lieux n’étant jamais neutres, ils lui apparaissent comme des structures actives capables d’influencer les comportements, tandis que les présences humaines viennent, en retour, marquer ou résister à ces espaces. Son travail observe ces relations et cherche à rendre perceptibles les récits et mémoires qui s’y sont enfouies, sans jamais dissocier l’intime du politique.
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Titre de la série :
Zîlan et les bouchers
Léa entreprend à travers ce projet nommé « Zîlan et les bouchers » la création d’un documentaire artistique résultant d’une immersion au sein des territoires historiques kurdes en Turquie, la région nord du Kurdistan appelée « Bakur ». Les kurdes y sont actuellement confrontés à des défis majeurs, touchant à leur identité, leur mémoire et leur avenir. Leur région est aujourd’hui le théâtre de transformations urbanistiques significatives et soumises à des politiques d’assimilation de la part de l’État turc. Le titre du projet fait référence à deux charniers, « la vallée de Zîlan » et « la vallée des Bouchers », où les forces turques ont enterré des milliers de corps dans les années 1930 et 1990. Aujourd’hui, de grands ouvrages, tels que des barrages hydroélectriques ou des bases militaires, sont construits sur ces terres. Ces témoignages de l’histoire sont désormais scellés sous le béton, les fouilles archéologiques et l’identification des corps ayant toujours été interdites dans ces fosses communes.Ces politiques d’urbanisme standardisé se déploient à d’autres niveaux, impactant le patrimoine et la biodiversité locale. L’exploitation minière intensive ou la construction de diverses infrastructures de masse submergent ainsi d’autres vallées, villes, sites historiques et archéologiques. On peut aujourd’hui considérer ces aménagements du territoire comme des formes d’ « écocides », où la destruction environnementale va de pair avec l’assimilation culturelle et l’effacement d’une mémoire et d’une identité kurde commune.Cette recherche documentaire explore les tensions entre des hommes et des femmes et les territoires qu’ils habitent, là où s’opère une « spatialisation du pouvoir ». Conçu comme un travail participatif et collaboratif, ce projet se développe également sous forme d’édition. Y sont intégrés des textes poétiques co-écrits avec des citoyens kurdes rencontrés sur place, ainsi que des photographies issues du fonds d’archives de Gertrude Bell, archéologue ayant travaillé sur ces territoires du Kurdistan en 1910, avant leurs profondes transformations.

