Judith Crico présente sa série photo « Quiet revolutions » I NPP 2026

Biographie :

Judith Crico est une photographe documentaire née en 2000, basée entre Paris et Montréal.Diplômée d’un DEC en Photographie au Cégep du Vieux Montréal en 2021, puis formée au photojournalisme en France en 2025, elle développe un travail centré sur les enjeux de justice sociale, d’exil et d’identité.Sa pratique s’inscrit dans une relation de proximité avec les personnes qu’elle photographie. Elle s’attache aux espaces du quotidien pour révéler ce qui persiste lorsque les existences sont mises à l’épreuve : les liens qui soutiennent, les tensions qui traversent, les fragilités comme les forces. Son travail est distribué par Women Photograph et Hans Lucas. Il a été publié dans La Déferlante, Libération et Le Monde. Elle travaille également avec des ONG, dont France terre d’asile.Elle mène actuellement un projet au long cours sur les proches de personnes incarcérées, accompagné par l’Agence Vu’ et soutenu par le Fonds Régnier pour la Création.

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Titre de la série :

Quiet revolutions

Si toute l’humanité adoptait le mode de vie d’un état-unien moyen, il faudrait l’équivalent de cinq planètes Terre pour répondre à ses besoins. Les États-Unis sont souvent perçus, et à juste titre, comme l’incarnation d’un capitalisme implacable : hyperconsommation, individualisme, inégalités criantes, et tensions politiques ravivées depuis le retour de Trump. Dans ce contexte, la ruralité est largement considérée comme conservatrice, coupée des luttes sociales que l’on associe aux grandes villes.Pourtant, dans l’Hudson Valley, une autre réalité prend racine.Au nord de New York, le long du fleuve qui traverse Saugerties, Kingston, Poughkeepsie et Rosendale, des personnes œuvrent à transformer leurs communautés. Certain·es ont grandi ici, d’autres ont passé toute leur vie à Manhattan avant de choisir un autre rapport au territoire.Ces personnes ne forment pas une communauté fermée ou utopique. Elles sont insérées dans le tissu local, liées par des gestes concrets de solidarité. Leur résistance ne consiste pas seulement à s’opposer, mais à construire d’autres manières d’habiter le monde, et de prendre soin les uns des autres.Certain·es réinventent le rapport à la terre et à l’autonomie. La culture devient aussi un outil de résistance. Amy crée des spectacles engagés et conçoit le théâtre comme un espace collectif et politique. Bosch enregistre des jeunes incarcéré·es dans des centres de détention, faisant de la musique un levier de réhabilitation et d’expression. Mark fabrique des tambours et travaille des matériaux récupérés, dans une démarche ancrée dans le respect du vivant.Ici, la résistance se tisse dans les gestes ordinaires, dans le soin, la transmission, la création, et dessine, au fil de l’eau, une autre manière d’habiter ce territoire.

Quelques images de la série