Jerome Labeur présente sa série photo « Ce que le sable dit » I NPP 2026

Biographie :

Jérôme Labeur est photographe documentaire français, basé à Toulouse. Enseignant de formation, il arrive au Niger en 2015 dans le cadre d’une mission pour le Ministère des Affaires étrangères. Ce qui devait être une parenthèse devient huit années d’immersion, au cours desquelles la photographie s’impose comme son principal outil d’observation et de récit.Tout au long de ce séjour, il collabore avec de nombreuses organisations internationales présentes au Niger — ONU, Banque Mondiale, FMI, Agence Française de Développement, Coopération Suisse —, documentant leurs terrains d’intervention et les réalités du pays en marge des discours institutionnels.Son travail s’inscrit dans une tradition de la photographie d’errance et du quotidien, attentive à la durée plutôt qu’à l’événement. Il privilégie le format carré, une esthétique sobre, une proximité construite dans le temps. On peut rapprocher sa démarche de celle de Raymond Depardon pour l’habitation des territoires, d’Alec Soth pour la géographie intime, de Martin Parr pour l’œil posé sur les signes du monde dans le banal, ou encore de Malick Sidibé et Samuel Fosso pour leur saisie de l’Afrique depuis l’intérieur.En juillet 2023, le coup d’État militaire au Niger met fin à ce séjour. Rentré en France, il engage la diffusion internationale de son corpus nigérien à travers le projet « Ce que le sable dit ».

https://errance.org

https://www.instagram.com/labeurj/

Titre de la série :

Ce que le sable dit

Ce que le sable dit. Il y a des territoires qu’on ne photographie pas — on les habite, et les images viennent. Ce que le sable dit est né ainsi : non d’une commande ni d’un projet prédéfini, mais de huit années passées au Niger, entre 2015 et 2023, à regarder ce qui se passe quand on reste.Le Niger n’est pas le sujet de cette série. Il en est la matière. Ce que le travail observe, ce sont les traces que laisse le présent sur un territoire traversé par des forces contraires : la mondialisation et la tradition, la pauvreté et le luxe, la stabilité de surface et la tension souterraine. Des forces que le sable, justement, absorbe sans les réconcilier.Les images ne cherchent pas l’événement. Elles cherchent l’intervalle — ce moment fragile où quelque chose est encore lisible avant de disparaître. Un fût d’huile repeint aux couleurs de Chanel N°5 et reconverti en poubelle de rue à Niamey : la mondialisation réduite à un objet, absurde et poétique. Des bouteilles de carburant de contrebande alignées à Maradi comme une vitrine — l’économie informelle transfigurée par la lumière. Aucune de ces images ne commente. Elles posent. Elles installent une durée, une densité, une attention au réel qui refuse aussi bien le misérabilisme que l’exotisme. Ce Niger-là n’est ni un terrain de crise ni un décor — c’est un monde ordinaire et complexe, habité par des gens qui vivent, travaillent, créent, et que l’histoire contemporaine traverse sans les réduire.En juillet 2023, le coup d’État militaire qui renverse le président Bazoum met fin à ce séjour. Ce départ contraint transforme rétrospectivement l’ensemble du travail : ce qui était une pratique en cours devient un corpus, une archive, un témoignage du Niger d’avant la rupture. Le sable a tout absorbé — il reste les images.La série se compose d’une vingtaine de tirages carrés, format 40 × 40 cm, pensés pour un accrochage associatif : non une chronologie, non une démonstration, mais une géographie sensible — où chaque image fonctionne seule et où l’ensemble dit quelque chose qu’aucune image ne pourrait dire seule.

Quelques images de la série