Benoit Durand présente sa série photo « Kun Khmer : des femmes dans la boxe cambodgienne » I NPP 2026

Biographie :

Benoît Durand est un photographe français de 29 ans qui a grandi en banlieue parisienne avant d’étudier le journalisme. En 2018, il se spécialise avec la formation « Documentaire et écritures numériques » cofondée par Hans Lucas et l’Université de Perpignan à Carcassonne pendant un an et intègre le studio Hans Lucas. Depuis son travail a été publié dans Le Monde, Courrier International, l’Obs, l’Express, Le Figaro Magazine, Grazia, La Croix, Libération, Le Parisien, L’Humanité, De Standaard, M le Monde…

https://www.benoitdurand.fr/

https://www.instagram.com/_benoitdurand

Titre de la série :

Kun Khmer : des femmes dans la boxe cambodgienne

Le bruit sourd des sacs de frappe cadence l’air d’une salle d’entraînement à ciel ouvert, à quelques dizaines de kilomètres de Phnom Penh. C’est l’échauffement. Vanda, Souannita et Dalin, âgées de 18, 14 et 18 ans, répètent les gestes chaque jour sous le regard du père de Vanda, arbitre de Kun Khmer, la boxe traditionnelle cambodgienne. Il a d’abord entraîné sa fille, puis les enfants du village ont suivi. Ici, le confort n’existe pas : les chambres sont faites de tôle, l’entraînement se déroule à même la terre, sans ring, sans protections. Plus au sud de Phnom Penh, Phan Ny enchaîne les journées harassantes à l’usine textile avant de s’entraîner chaque soir. Victoire ou défaite, il faut toujours se relever et continuer : la famille en dépend.Comme de nombreuses jeunes femmes issues des classes populaires cambodgiennes, ces boxeuses voient dans le Kun Khmer — héritier du Bokator, art martial ancestral gravé sur les bas-reliefs des temples d’Angkor — une possibilité d’échapper à leur condition et de reprendre la main sur leur avenir. Cette porte entrouverte il y a quelques années par des figures nationales comme Sam Taroth, championne de MMA et combattante au One, la ligue de combats la plus regardée au monde, reste pourtant étroite. À l’écart des projecteurs et sans soutien financier, ces jeunes femmes s’entraînent dans une société patriarcale où la boxe reste un territoire largement masculin.Sur le ring, leurs corps encaissent les coups. Mais au-delà du sport, chaque combat devient une tentative d’émancipation, une manière de briser le silence et d’entrevoir un avenir possible. Ici, boxer, c’est résister.

Quelques images de la série