Véronique L’Hoste présente sa série « Devour » – NPP 2026
Biographie :
Née en 1980, Véronique L’Hoste vit et travaille à Metz (Fr). Tel un funambule Véronique observe, analyse, décortique les codes qui régissent notre vie. Elle utilise principalement la photographie, mais également par petites touches, la vidéo et le dessin. Ses travaux sont toujours en lien avec ce qu’elle vit par le biais de la mise en scène, de portraits qui questionnent les failles de la condition humaine. Photographe performative, diplômée de l’École supérieure d’art de Lorraine (DNSEP) et d’un Master II multimédia, elle est également professeure en arts. Conférencière, elle intervient en milieu associatif dans le cadre de workshops photos. Depuis 2009, son travail a été publié et exposé à de nombreuses reprises en France et à l’étranger : Institut Français d’Athènes (Athens Photo Festival 2017), aux portfolios coup de cœur 2018 de Sylvie Hugues à la Maison Européenne de la Photographie (Paris), à La Chambre à Strasbourg (WEAC 2020), à la galerie Joseph Le Palais, Paris Photo Off 2023 et à la galerie Le Lac Gelé, Festival OFF Arles 2024. En 2017, elle publie son premier livre, Cycle, paru aux éditions Orange Claire. Cet ouvrage a été présenté au salon Fanzine Photo Funzilla Fest 2017 à Rome, au prix du livre des Rencontres d’Arles 2017 et au Athens Photobook Festival 2018. Devour est son second livre publié aux éditions Orange Claire (2023). Il contient 2 textes inédits, l’un de Stéphanie Thomas, productrice chez Radio France et l’autre de l’écrivaine Anne De Rancourt.
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Titre de la série :
Devour
« Devour » (2019 – 2023) porte sur l’arrivée au monde de Bébé, sur la relation mère-enfant, sur l’idée qu’à un certain moment, l’enfant va envahir tout l’espace, l’espace réel, l’espace psychique et, finalement, l’espace du cadre photographique. J’ai commencé ce projet au cours de ma grossesse. Seule, isolée pendant le premier confinement, je réalise quelques autoportraits et photographie des natures mortes. À ce moment, le sujet de l’alimentation prend une place importante. Des envies s’imposent à moi, des besoins qui sont très différents de ma vie d’avant. J’ai ressenti très fort cette dépendance à la nourriture. Surtout durant le premier confinement quand les gens se ruaient dans les supermarchés alors que j’avais du mal à me déplacer. Plus tard, je vais me rendre compte que l’alimentation va aussi rythmer mon quotidien avec Bébé. Mais à la naissance, tout change encore plus profondément. Mon équilibre a complètement changé. Celui de mon corps bien sûr, mais l’équilibre de ma vie a basculé aussi. Je ne suis et ne serai plus jamais seule. Mais, et c’est très paradoxal, je me sens très seule. Je me photographie en interaction avec Bébé. Il est complètement flottant, sur un fond neutre, détaché. Il n’a que quelques semaines. Il est totalement dépendant de moi. Pourtant, il va prendre de plus en plus de place. Mon travail porte justement sur cette prise de conscience, ce moment où, alors que je cherche à maîtriser les choses, je m’aperçois qu’en fait, je ne maîtrise rien. Que, quelque part, vraiment, oui, ça s’impose à moi. Bébé grandit et je l’observe. Il commence à découvrir son environnement et construit des empilements d’objets. Cela m’inspire cette sculpture photographique avec la poudre de lait ou celle avec des médicaments qui fait référence à une période de maladie de Bébé. Une gastro-Covid qui a été longue et très éprouvante. J’ai aussi intégré à ma série des captations du film « Sunshine » de Danny Boyle. C’est l’histoire d’astronautes envoyés en mission pour sauver le soleil. Ils vont être tellement happés par cette lumière qu’ils vont faire abstraction d’eux-mêmes pour que l’humanité vive. Ces images font justement écho à ce bouleversement psychique et physique de l’adulte qui devient parent et qui s’oublie pour le bien-être d’un autre. Devour, c’est la dévoration, mais aussi le désir et l’amour. Ce que Bébé prend, ce que je donne, ce qui nous lie.





