romain coudrier présente sa série « Reds & Blues » – NPP 2026
Biographie :
Romain est né en 1992 à Vienne (Autriche). En parallèle de ses études en
communication puis en sciences politiques, il fait ses premières expériences de la
photographie dans les rues de Paris.
Son écriture est à la croisée du gonzo-journalisme et du documentaire
spéculatif. Il photographie pour rencontrer ; l’image n’est plus un outil de preuve,
mais un espace de réflexivité, voire d’autocritique.
Son travail explore les zones de friction : l’identité comme processus mouvant, la
route comme vecteur d’introspection et la liminalité – cette étape transitionnelle
caractérisée par son indétermination.
Il est lauréat du Grand Prix du jury des Nuits Photographiques de Pierrevert (2025) et ses travaux sont présents en festivals et dans la presse.
Il vit et travaille aujourd’hui entre Marseille et Nice.
Titre de la série :
Reds & Blues
Mille kilomètres d’autostop au coeur de la « Bible Belt », remontant de Selma (Alabama)
vers Chicago (Illinois). Autopsie d’un road-trip.
Chaque jour, l’amour de Dieu s’efface devant la crainte, prétendue ou réelle, des crimes et
faits-divers rapportés dans certains médias.
Gros sac sur le dos, en bord de routes ou aux stations-essence, le routard est perçu
comme une menace à éviter. Au mieux, un paria à repousser. Les portières des voitures
restent closes et les voies des conducteurs sont impénétrables pour le pèlerin
contemporain.
L’enjeu dépasse la simple chronique de voyage pour interroger les fondements mêmes de
notre rapport à l’autre. Et sous le vernis de la ferveur, le diagnostic profane est sans
appel : quelque-chose a déserté le coeur des Hommes.
Dans ce contexte, les couleurs des images servent à la fois de métaphore à cette morale
ambiguë et traduisent un poids psychologique plus intime, entre tension et désarroi.
Pourtant, quelques élans solidaires fissurent le conformisme ambiant. Les hommes y sont
surreprésentés, comme si la route interdisait davantage aux femmes le risque d’une
rencontre imprévue.
Ponctuée d’hallucinations pseudo-prophétiques qui empruntent au mythe du « Grand Soir », cette déambulation surréaliste soulève une appréhension : l’effondrement de
l’émancipation et de la solidarité en dehors d’un cadre normé, monétisé, sécurisé.





