Charaf Lahib présente sa série « the red poppy (Le Coquelicot Rouge), » – NPP 2026
Biographie :
Charaf Lahib est un photographe documentaire basé entre Casablanca et Kelaa des Sraghna, au Maroc. Son travail est consacré à l’exploration de la vie dans sa ville natale et les villages environnants. Originaire de cette région, il aborde son œuvre comme un voyage personnel vers ses racines. À travers ses images, Charaf documente la vie des habitants, la mémoire, les traditions et les liens qui unissent les populations à leur terre, dans une démarche qui cherche à révéler et à interroger autant ce qui est visible que ce qui est absent.
Charaf est également l’auteur d’un ouvrage photographique, Red Poppy, publié par Zoopark Publishing (Berlin). Son travail a été récompensé par plusieurs distinctions, notamment le Prix Révélation du festival Face à la Mer de Tanger en 2024. En 2026, il a obtenu la bourse du Arab Documentary Photography Program, soutenue par l’AFAC (Arab Fund for Arts and Culture), la Magnum Foundation et le Prince Claus Fund.
En 2026, il a également présenté son exposition personnelle The Red Poppies, Fragments of Memory à l’American Arts Center de Casablanca, au Maroc.
Titre de la série :
The Red Poppy (Le Coquelicot Rouge), 2017-2025
A contre-courant des photographes issus des villes, et qui portent des regards photographiques sur les défis de la réalité urbaine, Charaf Lahib a choisi une autre trajectoire façonnée par son enfance passée à la compagne dans la région rurale de Kelâat Sraghna. Ses photos dépeignent non seulement la rudesse de la vie dans un village reculée, mais aussi l’allégorie des souvenirs de son enfance qui continue de nourrir son imaginaire dans sa jeunesse.
Contraint de quitter son village à l’âge de sept ans avec sa famille, avec quelques affaires sur une charrette pour s’installer dans la ville. Un déracinement imposé par les conditions difficiles qui traversent le quotidien rural. Entre isolement, rareté de l’eau, les travaux éprouvants et l’incertitude de l’avenir pour la jeunesse. Face à ces défis, l’exode rurale devient la seule issue possible.
Quoiqu’il a quitté son village, le lien au village ne s’est jamais rompu. Il y retourne régulièrement pour retrouver et photographier ces fragments de moire colorés des femmes vêtues de leurs caftan lors des mariages, les baignades clandestines dans le canal d’irrigation, les courses dans les champs, les journées longues de pâturage et les réunions familiales. Autant de souvenir continuent de hanter son imaginaire, et enveloppent son existence d’une poésie que seules les enfants de ces villages éloignés peuvent véritablement ressentir.
L’enfant a aujourd’hui grandi, devenu jeune photographe talentueux, et son appareil photographique devient le prolongement d’une mémoire rythmée au couleur du coquelicot qu’il tente de capturer et d’éterniser dans une ode visuelle à l’enfance, à l’innocence, à la résistance et l’espoir que portent les territoires ruraux.





