Peter Knapp parrain de la 1ère édition des Nuits photo de Pierrevert

Peter Knapp

Né en 1931 à Bäretswil, en Suisse, Peter Knapp découvre la photographie en 1945, alors qu’il est encore adolescent. Après des études à l’École des Arts appliqués de Zurich, où il suit une formation en arts graphiques héritée du Bauhaus tout en étudiant la photographie, il s’oriente également vers la peinture dans les ateliers de Monticelli et d’Otto Bachmann.

En mars 1951, il s’installe à Paris. Il fréquente successivement l’École des Beaux-Arts, dans la section architecture, puis l’Académie Julian. C’est à cette période qu’il se lie d’amitié avec les artistes César et Pierre Dmitrienko, tout en développant une pratique où se rencontrent graphisme, peinture et photographie.

En 1953, il entre dans l’atelier du graphiste Paul Marquet et redessine notamment les logos de la NRF et de Gallimard. Repéré par Hélène Lazareff, il participe à la création de l’identité visuelle du nouveau Fémina, où il collabore avec Roger Nimier, Fouli Elia et Antoine Kieffer.

Sa carrière prend une nouvelle dimension lorsqu’il devient directeur artistique des Galeries Lafayette entre 1955 et 1959. Il y conçoit affiches et campagnes publicitaires en collaborant avec des créateurs majeurs tels que Jean Widmer, Slavik ou William Klein.

Un voyage à New York en 1959, comme assistant de Jean Tinguely, marque profondément son parcours artistique. La découverte des œuvres de Robert Rauschenberg et Barnett Newman nourrit sa peinture monumentale et l’inscrit dans une démarche proche de l’abstraction lyrique.

La même année débute sa collaboration avec Elle. D’abord photographe, Peter Knapp en devient rapidement directeur artistique à la demande d’Hélène Lazareff. Entre 1959 et 1966, il transforme profondément l’identité visuelle du magazine. Inspiré par Alexeï Brodovitch et Henry Wolf, il accompagne l’émergence d’une mode plus libre et plus moderne, tout en faisant appel aux plus grands photographes de son époque, parmi lesquels Robert Frank, Sarah Moon, Frank Horvat ou Jeanloup Sieff, ainsi qu’à des illustrateurs tels que Jean-Michel Folon, Roland Topor ou Roman Cieslewicz.

Toujours en quête de nouveaux moyens d’expression, il explore dès 1964 l’image en mouvement grâce à la caméra Bolex 16 mm, collaborant notamment avec Peter Foldès et Chris Marker. L’année suivante, il entame une longue collaboration avec André Courrèges, puis Emanuel Ungaro, dont il accompagnera durablement l’image. Entre 1965 et 1968, il réalise également quarante-deux émissions Dim, Dam, Dom pour l’ORTF, produites par Daisy de Galard.

En 1966, après le départ d’Hélène Lazareff, il quitte Elle pour poursuivre une carrière indépendante auprès de Vogue, Stern et du Sunday Times. Il abandonne définitivement la peinture afin de se consacrer entièrement à la photographie et diversifie parallèlement ses activités en signant des décors de théâtre pour des œuvres de Max Frisch et Eugène Ionesco. Cette même année, il reçoit sa première médaille de l’Art Directors Club International, distinction qui sera suivie de seize autres.

En 1967, il accompagne Oliviero Toscani lors du lancement de Vogue Italie. Parallèlement, il assure durant vingt-cinq ans la direction artistique des éditions André Sauret et développe plusieurs collections éditoriales, notamment les « Livres de la Santé » avec Raymond Lévy pour les éditions Rencontre.

Les années 1970 confirment la diversité de son œuvre. Lauréat du Prix international Nikon en 1969, il publie en 1970, avec Bruno Suter, le livre d’artiste Osaka, consacré à l’Exposition universelle. Il prend également la direction artistique de Zeit Magazin à Hambourg.

De 1974 à 1977, Peter Knapp revient à Elle en qualité de directeur artistique. Il y collabore notamment avec Hans Feurer et Lothar Schmid. À cette époque, son travail personnel consacré au ciel, à l’infini et à l’espace le rattache au mouvement du Sky Art. Entre 1976 et 1978, il réalise avec Thierry Mugler et Claude Montana plusieurs séries photographiques aux scénarios résolument surréalistes.

Dans les années 1980, il poursuit son activité de directeur artistique et de pédagogue. Il conçoit la collection « Contemporains » pour le Centre Georges-Pompidou, dirige Décoration Internationale puis Fortune, tout en enseignant la conception d’image et la photographie à l’ESAG, sur l’invitation de son ami Roman Cieslewicz.

Son travail éditorial est récompensé par le Prix du Meilleur livre d’Art en 1989 pour Lumières de Chartres, illustré par Eustachy Kossakowski, puis en 1991 pour Giacometti, ouvrage illustré de ses propres photographies.

À partir des années 2000, Peter Knapp poursuit ses recherches autour de l’image sous différentes formes. Il réalise une série de portraits de graphistes pour le congrès de l’Alliance Graphique Internationale à la Bibliothèque nationale de France, produit pour TV5 la série documentaire Ces appareils qui nous ont vus consacrée à l’histoire de la photographie, crée des dessins filmés pour Lot et ses filles et réalise en 2006 le documentaire Van Gogh, les derniers jours à Anvers.

Figure majeure du graphisme, de la photographie de mode et de la direction artistique, Peter Knapp a profondément renouvelé le langage visuel de la presse contemporaine. Son œuvre, à la croisée de la photographie, de l’édition, du cinéma et des arts graphiques, continue d’exercer une influence majeure sur plusieurs générations de créateurs. Il est membre des Rencontres de Lurs, de l’Alliance Graphique Internationale (AGI) et intervient comme maître de conférences à Sciences Po.